Déclaration de SEM Y. Bamba au Conseil de Securité

Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies

6761ème  séance

Opération des Nations  Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI)

DECLARATION DE SON EXCELLENCE MONSIEUR YOUSSOUFOU JOSEPH BAMBA AMBASSADEUR REPRESENTANT PERMANENT DE  LA REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE AUPRES DES NATIONS UNIES

Seul le texte prononcé fait foi

New York, le 26 Avril 2012

 Madame la Présidente,

 Ma délégation voudrait exprimer ses félicitations au Comité des sanctions concernant la Côte d’Ivoire établi en vertu de la résolution 1572 (2004) et le Groupe d’experts y rattaché,  pour  le travail remarquable fait en six mois  dans le cadre de la production du rapport S/2011/642 soumis au Conseil.
 En réponse aux préoccupations mentionnées dans ledit rapport, ma délégation voudrait solennellement réaffirmer l’engagement sans faille du Président de la République de Côte d’Ivoire, S.E.M. Alassane OUATTARA, et du Gouvernement conduit par le Premier Ministre, S.E.M.  Jeannot KOUADIO AHOUSSOU, pour la pleine coopération et l’assistance des autorités ivoiriennes tant pour l’accès aux lieux et sources d’information que pour l’identification des violations éventuelles du régime des sanctions concernant la Côte d’Ivoire.

Madame la Présidente,

Permettez-moi de  faire état de quelque développements marquants qui ont eu lieu depuis l’adoption de la précédente résolution 1980 (2011) relative au régime des sanctions concernant la Côte d’Ivoire ;

1. Un an après l’adoption de la résolution 1980, le Président de la République, S.E.M. Alassane OUATTARA et le Gouvernement de la Côte d’Ivoire ont pris des dispositions en vue de ;

-          renforcer la sécurité dans le pays et  rétablir les institutions chargées de la sécurité et de l’état de droit,

-         Les déployer progressivement dans l’ensemble du pays,

-         et transférer les fonctions de maintien de l’ordre aux organismes compétents ;

2. La situation sécuritaire à Abidjan et dans l’ensemble du pays s’est nettement améliorée, mais des défis importants restent à surmonter, notamment,

-          les conflits fonciers et inter communautaires récurrents,

-          et la situation sécuritaire précaire dans l’Ouest du pays, en particulier dans la zone frontalière du Liberia ;

3. Tous  les agents de l’Etat  sont retournés à leur poste dans le nord du pays, y compris les Forces en charge de la Sécurité et de la Défense, le Corps préfectoral, les agents des régies financières,  les agents du Trésor public, des Impôts et des Douanes, permettant ainsi la restauration  de l’Autorité publique sur l’ensemble du territoire national ;

4. Des efforts financiers importants ont été consentis par l’Etat pour réhabiliter l’infrastructure routière nationale et procéder à la réalisation de nouvelles routes, de nouveaux ponts et de nouvelles voiries et réseaux divers ;

5. La réforme de la filière café-cacao a été réalisée, de même que la réforme du secteur mines et énergie, qui garantissent une plus grande transparence dans la gestion des ressources financières générées par ces secteurs importants de l’économie de la Côte d’Ivoire ;

6. Le train de la Réconciliation nationale est en marche, et le dialogue politique avec l’opposition s’amorce ; c’est le sens qu’il convient de conférer au déplacement  que  le Président de la République vient d’effectuer dans l’Ouest du pays, du 21 au 24 avril 2012,  et qui constitue sa toute première visite d’Etat à l’intérieur du Pays depuis son investiture en mai 2011.  En addition à cette démarche du Président de la République placée sous le sceau du dialogue, du pardon et de la réconciliation, le Gouvernement entamera les 27 et 28 avril prochain le dialogue avec l’ensemble des partis politiques de l’opposition en vue de renforcer la cohésion nationale.

7. La  nouvelle Assemblée Nationale née des élections législatives de décembre 2011 a ouvert hier, mercredi 25 avril 2012, sa première session ordinaire, et ce, conformément aux dispositions de la Constitution de  la Côte d’Ivoire.

 

8. Le Président de la République, S.E.M. Alassane OUATTARA, a pris la mesure de l’importance prioritaire que revêt le chantier de  la stabilisation de la situation sécuritaire.  Aussi, afin de marquer cet engagement et en vue d’accélérer les réformes indispensables dans les domaines de la sécurité, le Président de la République assume  désormais la fonction de Ministre de la Défense dans le nouveau Gouvernement établi suite au remaniement ministériel du 13 mars 2012.

 

9. Ainsi, le Président de la République, Ministre de la Défense, a pris l’arrêté N° 002 du 06 avril 2012 portant création, attribution, composition et fonctionnement du Groupe de Travail sur la Réforme du Secteur de la Sécurité en abrégé GT-RSS. L’objectif assigné au  Groupe est ;

-          de mener des réflexions approfondies sur l’outil de défense et de sécurité sans oublier tous les secteurs impliqués dans la RSS,

-          de renforcer la coordination de toutes les activités des structures œuvrant dans le domaine de la RSS, à l’effet de formuler une politique nationale globale et cohérente de RSS,

-         et de trouver une réponse définitive aux problèmes liés au DDR,

Le GT-RSS doit déposer ses conclusions dans trois mois.

10. De même, une cellule de coordination interministérielle du suivi de l’embargo a été mise en place. L’institution de cette cellule  réaffirme le rôle charnière du Ministère des affaires Etrangères, et garantit le strict respect et la transparence des procédures à suivre ;

11.  En  ce qui se rapporte au processus de Kimberley, le retour de l’administration au niveau local et régional du Ministère des Mines et de l’énergie permet d’avoir une présence administrative représentant l’Autorité publique avec les moyens adéquats pour surveiller les activités minières sur l’ensemble du territoire national. Une telle évolution devrait faciliter la mise à disposition des informations nécessaires à la mise en place de la législation et accélérer l’adhésion de la Côte d’Ivoire  au processus de Kimberley ;

 Madame la Présidente,

Tel est le contexte dans lequel le Conseil vient d’adopter la résolution 2045(2012)             qui renouvelle pour une période d’une année  le régime des sanctions concernant la Côte d’Ivoire.

Ma délégation note que cette nouvelle résolution ;

-         Renouvelle le mandat du Groupe d’experts pour 12 mois, jusqu’au 30 avril 2013 ;

-         Reconnaît le besoin pressant dans lequel trouve le Gouvernement ivoirien d’entraîner et équiper ses forces de sécurité, et notamment de doter sa Police et sa Gendarmerie des armes et munitions nécessaires au maintien de l’ordre ;

-          Supprime l’embargo sur les formations et l’assistance technique ;

-         Assouplit les procédures dérogatoires pour les autorités ivoiriennes, en passant d’un système de demande  d’autorisation à celui de notification ;

-         Prévoit une réévaluation du dispositif dans 6 mois, notamment selon les progrès accomplis dans les domaines de la RSS et du DDR ;

-         Maintient les mesures actuelles sur les diamants bruts (dans l’attente des progrès qui seront réalisés avec le processus de Kimberley)

-          Et maintient les sanctions individuelles.

Ma délégation voudrait donc exprimer ici sa satisfaction et ses remerciements  aux membres du Conseil  pour avoir tenu compte des efforts fournis et des succès obtenus par mon pays  sur la voie du retour à la normalisation et à la stabilité  en Côte d’ivoire.

De l’avis de ma délégation, cette résolution traduit  un fort message d’encouragement du Conseil de sécurité à la Côte d’Ivoire à poursuivre ses efforts  en vue de surmonter les défis importants restant.

Le Président Alassane OUATTARA aura l’occasion d’exprimer aux membres du Conseil toute la gratitude du Peuple et du Gouvernement de la Côte d’Ivoire à la faveur de la prochaine visite de travail que le Conseil de sécurité effectuera en Côte d’Ivoire du 20 au 22 mai 2012

Madame la Présidente,

Comme je l’ai indiqué dans ma déclaration faite devant le Conseil le 26 janvier de cette année, la Côte d’Ivoire est disposée à assurer de nouveau son rôle de pôle sous régional de stabilité et de croissance, au service de la paix, de la sécurité, et de la coopération internationale.

Le Président Alassane OUATTARA, Président en exercice de la CEDEAO, est conscient de l’importance des responsabilités que lui ont confiées  ses pairs, et il entend donner  l’opportunité à la Côte d’Ivoire d’assumer la pleine mesure de cet engagement.

Au moment même où nous parlons, les Chefs d’Etats de la CEDEAO sont réunis à ABIDJAN dans le cadre d’un Sommet extraordinaire pour examiner la situation au Mali et en Guinée-Bissau. Des mesures importantes  sont attendues de ce sommet. Ces mesures  devront contribuer à résoudre définitivement les crises que connaissent ces deux pays frères,  en étroite coopération avec  l’Union Africaine, les Nations Unies,  la Communauté des Pays de Langue Portugaise (CPLP)  et  l’ensemble de la Communauté internationale.

 Madame la Présidente,

La sécurité et  la stabilité des pays de la sous-région ouest africaine  sont menacées par le terrorisme, la criminalité transnationale, le trafic d’armes, la circulation des armes légères et de petit calibre, la piraterie dans le golfe de Guinée et le trafic de drogues.

Ma délégation invite par conséquent les Nations Unies ainsi que l’ensemble de la communauté internationale à accroître son assistance aux projets de système de sécurité collective entrepris par les ensembles sous régionaux de la Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de la Communauté Economique des Etats d’Afrique Centrale (CEEAC),  en vue de mettre un terme à ces fléaux, et consacrer utilement les ressources disponibles pour l’atteinte des objectifs  de développement économique et social en faveur des populations.

 

Je vous remercie.

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